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La sexualité

vendredi 22 janvier 2016, par clas

Qu’est ce que la sexualité ? Le genre est la donnée fondatrice de la vision actuelle de la sexualité. On ne parle pas de personnes mais de femmes et d’hommes avec toutes les contraintes et l’enfermement identitaire que cela entraîne. Dans une démarche de déconstruction des genres, on ne devrait pas parler d’hétérosexualité, d’homosexualité, ou même de bisexualité, qui sont des notions normatives et vectrices d’enfermement, mais de relations entre des personnes. La sexualité d’une personne lui appartient. Elle ne devrait pas servir à la catégorisation des individus (que ce soit dans un objectif de discrimination ou d’affirmation identitaire). Dans notre société, la représentation dominante de la sexualité est réduite à la pénétration, d’une femme par un homme. Cette normalisation de la sexualité est fondée sur un rapport patriarcal instaurant une hiérarchie dominant/dominée. La personne qui pénètre est perçue comme active et dominante, et celle qui est pénétrée comme passive et dominée. Hiérarchie que l’on retrouve aussi dans la description d’un rapport sexuel entre personne de même sexe. On peut constater une demande de machisme de la part de certaines femmes. Ces dernières ont été conditionnées par leur « éducation » et la propagande machiste omniprésente dans tous les espaces de la société pour se soumettre à ces rapports de pouvoir. Cette propagande a pour finalité de leur faire croire qu’elles tirerons des bénéfices à être identifiées à des objets. La domination, qu’elle soit consentie ou non par la personne dominée, produit un processus de chosification de cette dernière. C’est bien pire que la négation de son humanité, c’est la négation de son état d’être vivant-e doté-e d’une vie psychique. Au sein d’une société machiste, telle que la notre, la sexualité est un domaine d’expression fondamental de la domination, mais ce constat n’est pas une fatalité à laquelle il faudrait se résigner. La sexualité, ou plutôt les sexualités, peuvent se décliner de façons diverses et variées. Chaque personne a un rapport unique et évolutif à la sexualité, en fonction de son histoire, de son éthique, de ses désirs, de son rapport aux autres, etc... Aucune pratique sexuelle n’est, en soi, condamnable ni dégradante, tant qu’elle ne s’appuie pas sur une logique de chosification d’un être vivant. Par contre, certaines « pratiques », comme la prostitution, l’inceste, la pédocriminalité et la zoophilie sont, par définition, fondées sur la chosification et ne doivent, en aucun cas, être cautionnées ni reconnues comme relevant d’une quelconque liberté. Ces pratiques n’engagent pas des « partenaires » qui y prendraient part librement et volontairement dans un cadre égalitaires. Elles ne sont que des déclinaisons du viol de dominé-e-s par des dominant-e-s. Les victimes de ces « pratiques » ne disposent pas, de part leur état, leur situation où leur statut, de la marge de manœuvre nécessaire pour se défendre ni même exprimer leur refus d’être ainsi traitées comme des objets. La notion de plaisir ne doit pas être limitée à celle d’orgasme, ni celle de désir à celle d’envie. En effet, un orgasme peut être vécu comme déplaisant lorsqu’il est provoqué par un rapport contraint et/ou lorsqu’il réveille des souvenirs traumatisants. Alors que le plaisir intégral inclus un sentiment de bien être autant au niveau sensoriel que psychique. L’envie correspond à la convoitise de l’autre en tant qu’objet, à l’avidité égoïste et possessive alors que le désir est davantage une aspiration à ce qu’un événement/une situation advienne, comme une rencontre, un moment de partage, un enchantement dans la découverte d’un-e autre dont on ne souhaite pas entraver le libre arbitre. La notion de consentement n’est pas suffisante pour délimité ce qui nous semble acceptable en matière de sexualité. En effet, le consentement désigne bien trop souvent une résignation à accepter un sort que l’on a pas choisi et encore moins désiré. De plus, il y a de nombreux cas de viol dans lesquels la victime est dite « consentante » parce qu’ayant été précédemment manipulée et psychologiquement vulnérabilisée par l’agresseur, elle n’est pas/plus en capacité de s’exprimer librement et clairement au moment de l’agression. Elle est souvent piégée dans un état de sidération qui l’empêche de se défendre.

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