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Pétition : Je vous écris en tant que femme qui a échappé à la prostitution d’intérieur...

vendredi 22 janvier 2016, par clas

Nous sommes tous et toutes invité-e-s à signer cette pétition adressée par Rebecca Mott à Michel Sidibe, Directeur général de l’organisation ONUSIDA, pour prévenir la légalisation de la prostitution et en appuyer l’abolition

Je vous écris en tant que femme ayant échappé à la prostitution d’intérieur pour vous dire que je suis profondément choquée et irritée à l’idée d’une dépénalisation de la prostitution par l’ONU. Ce serait très dangereux pour l’ensemble des personnes prostituées, que ce soit dans les rues ou derrière des portes closes.

Il semble que vous soyez plus préoccupé de maintenir le statu quo dans l’industrie du sexe – malgré le fait qu’il permet des quantités inacceptables de viols, de torture sexuelle et de meurtres de tous les genres de prostituées. Cela se produit principalement parce que du fait de rendre la prostitution normale, on donne libre cours à la violence masculine et à la haine envers toutes les personnes prostituées.

Vous utilisez la propagation du VIH comme prétexte pour instaurer la légalisation de la prostitution. C’est dégoûtant, et ce souci ne contribue en rien aux droits humains et à la sécurité de la femme prostituée – ce n’est qu’un simple inconvénient pour les prostitueurs et les profiteurs de l’industrie du sexe.

Il est presque impossible pour la plupart des prostituées d’imposer à un acheteur le port du préservatif – quand lui considère qu’elle lui appartient complètement et qu’il recourt à la violence pour arriver à ses fins. En outre, la plupart des profiteurs de l’industrie du sexe insistent sur des rapports sexuels non protégés, pour faire plus de profit.

La non-utilisation de préservatifs est commune dans un environnement tissé de désespoir et de violence, et plusieurs personnes prostituées sinon la majorité d’entre elles, éprouvent une haine de soi extrême où elles peuvent n’avoir aucun souci de leur bien-être sexuel, physique ou mental.

Je n’arrive pas à croire que vous ayez même pu envisager que les profiteurs de l’industrie du sexe ne devaient pas être considérés comme des criminels – alors qu’ils facilitent généralement des viols collectifs, qu’ils autorisent de la torture physique, mentale et sexuelle dans leurs locaux, qu’ils entraînent des femmes et des jeunes filles dans la prostitution de rue et/ou d’intérieur et qu’ils vont parfois jusqu’au meurtre de femmes prostituées qu’ils considèrent être leurs possessions. Pour ne pas percevoir ces activités comme criminelles, il faut se faire de la prostituée l’image d’un être sous-humain, qui ne mérite aucun droit.

Je trouve que vous avez abandonné les personnes prostituées au profit d’un statu quo favorable à l’industrie du sexe. Vous nous avez jetées — et il y a beaucoup de douleur, de rage et de désespoir chez plusieurs des femmes qui ont échappé à l’industrie de constater que vous avez aussi peu de compassion ou d’empathie pour la classe prostituée.

S’il-vous-plaît, ne nous jetez pas.

Bien à vous,
Rebecca Mott

On signe en se rendant sur le site Web suivant : http://chn.ge/187jm7Y

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