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Présentation

samedi 23 janvier 2016, par clas

Né en juin 2006, le Collectif Libertaire Anti-Sexiste est un collectif d’individu-e-s créé suite à l’initiative de quelques femmes anarchistes lyonnaises.

Nous nous sommes réuni-e-s pour créer un outil de lutte contre le sexisme car nous n’étions pas satisfait-e-s par les positions des organisations lyonnaises censées êtres anarchistes ou féministes, certaines considérant le féminisme comme secondaire voir optionnel, d’autres allant jusqu’à défendre des positions anti-féministes, au nom d’une redéfinition du féminisme transformée et pervertie par une rhétorique libérale et relativiste au point d’être favorable au système prostitutionnel et au soutien à l’égard des islamistes.

Depuis sa création, le CLAS est un collectif mixte, conformément à la volonté de ses fondatrices - car nous souhaitions inclure dans notre lutte des hommes anarchistes dont l’engagement pro-féministe était sincère et cohérent.

Ayant observé le fait que dans plusieurs organisations se trouvent souvent des personnes dont la présence semble être le produit d’un malentendu idéologique, ceci étant favorisé par le fait que les principes de bases de ces organisations sont généralement floues et incomplètes en ce qui concerne le patriarcat et les questions d’éthique qui en découlent, nous avons décidé de poser un cadre clair par l’écriture collective de notre manifeste.

Depuis, nous avons rédigé d’autres brochures (pour défendre le droit à la contraception et à l’Interruption Volontaire de Grossesse, à propos du genre, à propos du système prostitutionnel et à propos de l’Association Révolutionnaire des Femmes d’Afghanistan) ainsi que des communiqués, signé quelques appels à manifester, organisé divers événements, notamment pour défendre le droit à la contraception et à l’IVG, pour soutenir et relayer la parole des féministes d’Afghanistan et pour soutenir et promouvoir un livre contre le viol écrit par des survivantes de l’inceste.

Nous avons créé des liens avec d’autres organisations féministes dans d’autres villes et nous avons affiné nos analyses qui sont devenues au fil du temps, de nos évolutions personnelles et de nos rencontres, de plus en plus radicales et intransigeantes vis à vis du patriarcat et de tous les autres systèmes de domination qu’il a engendré.

Un-e féministe cohérent-e n’est pas forcément anarchiste. Mais un-e anarchiste cohérent-e doit forcément être féministe. Car l’anarchisme vise l’abolition de tous les systèmes de domination sans exception et, à fortiori, l’abolition du système de domination patriarcal qui inspire, justifie, codifie, organise et reproduit, depuis des milliers d’années, l’oppression de toutes les femmes, de tous les enfants et de certains hommes, soit, largement plus de la moitié de l’Humanité.

Le patriarcat, fondé sur la suprématie masculine et la sur-valorisation du père auquel il attribut le rôle de chef de famille, repose sur la haine et le dégoût à l’égard des femmes et la volonté de les réduire ainsi que leurs enfants au statut de choses aliénables dont la valeur serait égale à celle des objets inanimés, voir des déchets.

Voilà pourquoi, le système patriarcal a toujours divisé les femmes en deux catégories : aliénables ou aliénées, propriétés de tous les hommes ou propriétés d’un seul, à vendre ou vendues, consommables ou consommées, destinées à être violées par tous les hommes ou par un seul, prostituées ou ménagère, etc...

Les défenseurs de ce système on toujours refusé et refusent encore d’admettre l’existence des femmes qui ne se soumettent pas à ce schéma et trouvent la force de décider, contre vents et marées s’il le faut, de devenir libres en refusant d’être chosifiées, en cessant de pardonner, de s’amputer de leur colère libératrice, de dissimuler leur intelligence et en partageant leur force et leur courage avec d’autres femmes pour créer de la solidarité là où le patriarcat a fabriqué et entretient la division.

Pourtant des femmes comme celles-là, il en existent depuis longtemps, y compris au sein du mouvement anarchiste, et jusqu’à présent certains voudraient les anéantir, en vain.

Mais aucun combat n’est jamais gagné d’avance et la révolution féministe et libertaire à laquelle nous aspirons ne se fera ni par des compromis, ni par des sacrifices, ni par les armes.

Le patriarcat est le tout premier système de domination de l’Histoire de l’Humanité. C’est lui qui a engendré et modelé tous les autres :

- qu’il s’agisse des nations et des États (sous toutes leurs formes), de leurs armées et de leurs frontières, du racisme et de la xénophobie qui en découlent,

- qu’il s’agisse des différents systèmes économiques fondés sur la propriété privée et l’échange au lieu du partage, fondements du chantage qui nous condamne à subir l’exploitation (sous forme d’esclavage, de salariat ou de travail « indépendant »),

- qu’il s’agisse de la haine et des violences commises contre les personnes LGBT,

- ou qu’il s’agisse des religions, de leurs institutions et de leurs dogmes morbides et obscènes.

La dégradation de l’environnement est aussi une conséquence du patriarcat, qui morcelle, exploite et méprise depuis des milliers d’années, dans un même élan et selon une même logique de chosification et d’appropriation, les femmes et la planète.

L’anthropocentrisme qui tend à justifier la destruction et l’exploitation de la « nature » par les êtres humains est en réalité de l’androcentrisme puisque ce sont des hommes qui en sont responsables et non pas toute l’Humanité.

Pour ne citer qu’un seul exemple de ce lien direct, la surpopulation humaine joue un rôle majeur dans la dégradation de l’environnement. Or, elle n’est pas due aux "progrès de la médecine" comme on l’entend trop souvent mais à d’innombrables grossesses imposées aux femmes depuis des milliers d’années, que ce soit par la violence physique, par les lois et dispositifs patriarcaux et natalistes, par la pression psychologique, par la culpabilisation ou par la manipulation mentale.

Si on ne prend en compte qu’une seule catégorie de grossesses imposées, par exemple celles qui résultent des innombrables viols conjugaux que n’importe quel mariage forcé induit systématiquement et automatiquement, les chiffres sont déjà énormes. Selon les études internationales validées par l’ONU, il y aurait actuellement au moins 700 millions de petites filles et de femmes en situation de mariage forcé : chacune d’entre elle est ou va être régulièrement violée par son mari, et il en résultera des grossesses à répétitions, jusqu’à ce qu’elle en meure, jusqu’à la ménopause, ou (trop rarement malheureusement) jusqu’à sa libération.

Des mariages forcés sont contractés dans tous les pays du monde, bien que dans des proportions différentes selon les pays. Cependant, dans les pays où les femmes et les petites filles sont moins opprimées, la raréfaction des mariages forcés est un phénomène relativement récent.

Le CLAS s’allie parfois à d’autres organisations avec lesquelles nous pouvons avoir des désaccords. Cependant, ce qui nous permet de ne pas trahir nos valeurs fondamentales dans le cadre de ces alliances est le fait que ces organisations partagent la même base éthique que la notre.

Cette éthique est fondée sur le refus d’autoriser, de défendre, de minimiser, d’excuser, d’occulter et de pardonner le fait que des êtres humain-e-s soient traité-e-s comme des choses, que cette chosification se traduise par l’oppression, l’exploitation, la torture psychologique, physique, sexuelle (le viol sous toutes ses formes, y compris tarifé), ou le meurtre.

Sur notre site internet, nous publions régulièrement des informations et de nombreux documents dont nous ne sommes pas forcément les auteur-e-s mais dont nous approuvons l’analyse et la finalité. On y trouve également notre manifeste, nos brochures et nos communiqués.

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